Quelque observation sur la socialisation professionnelle.

(Riflessioni tratte da una dissertation svolta durante il corso di Socialisation et construction des identités, a. a. 2007-2008, presso l’Université Charles-de-Gaulle-Lille 3).          (di  Angelo Tino)

 

Judith Lazar (Sociologie de la communication de masse, Paris, A. Colin, 1991) parle de la socialisation comme d’un processus par lequel les individus apprennent et intériorisent des valeurs, des croyances, des connaissances, des normes sociales de leur société.

On doit faire attention ici à un premier aspect. On ne parle pas simplement de socialisation, mais de socialisation professionnelle.

C’est-à-dire une partie spécifique du plus grand processus de socialisation qui concerne l’ensemble de la vie humaine.

Nous pouvons partir de l’idée que l’insertion professionnelle contribue à la construction identitaire.

C. Dubar, dans sa Socialisation, fait une analyse sémantique de la “profession”, terme de définition complexe : on peut en parler par rapport à corporations de métier ou à la relation sociale liée à la production (logique marxiste). Selon la sociologie (des professions) américaine, une profession est liée à des techniques, pratiquées par un certain nombre de personnes, fondées sur une formation spécialisée.

Dans la socialisation professionnelle il y a presque le même phénomène qu’on rencontre dans la socialisation en général.

Quand une personne entre dans un contexte professionnel, elle apprend tant la pratique d’un certain travail que la “théorie”, c’est-à-dire les règles qui gouvernent une ambiance de travail déterminé. Ce sont des règle fonctionnelles au travail, mais aussi à la société dans laquelle il a lieu. On peut dire qu’avec ces règles il y a aussi des principes, des valeurs qui sont valides et utiles pour la société où les travailleurs développent leur activité.

Les termes que je viens d’utiliser peuvent, peut-être, apparaître de dérivation fonctionnaliste, si on arrête ici.

La socialisation a la tâche d’assigner des fonctions. Mais donner des fonctions c’est aussi donner des rôles.

Ce point je retiens que soit bien visible dans la socialisation professionnelle.

On apprend un travail. On apprend des règles déterminées. On acquière une identité professionnelle. Elle devient partie de notre identité sociale. Nous apprenons des rôles. Chaque rôle se place sur le même niveau de certains et sur un niveau divers respect à des autres. Il y a une séquence hiérarchique. Plus on remonte l’echelle, moins sont les rôle sur le même niveau et qu’on peut considérer similaires pour la position sociale.

Nous ne sommes pas dans une société d’égaux et le processus de socialisation professionnelle (comme partie importante du processus de socialisation) contribue beaucoup à insérer les personnes dans le contexte social et à le faire leur accepter. Ceci en fonction d’un ordre économique et politique.

Des recherches conduites entre 1960 et 1980 sur le thème des innovations de formation démontrent que quand il y a activité à faible valeur ajouté, les salariés ont tendance à ne pas avoir le souhait individuel d’évolution professionnel. C’est un peu comme confirmer une hiérarchie, n’est pas ?

Mais il y a, c’est clair, des clés de lecture différente de notre appartenence à la société, avec un travail et une construction identitaire.

Dans L’identité sociale. La construction de l’individu dans les relations entre groupes (1999), par J.-C. Deschamps, J.-F. Morales, D. Pálz, S. Worchel, on rencontre la théorie de l’identité sociale de Tajfel: chaque personne a la nécessité d’une «identité personnelle favorable», pour atteindre laquelle les groupes et leurs statuts sont très importants. Ils contribuent aux aspects de l’identité individuelle. Ici on peut voir, à mon avis, une conséquente importance du groupe professionnel dans la construction de l’identité de la personne.

C’est différent de la vision plus pessimiste, ou réelle, peut-être, que j’ai présentée avant.

D’autre partie, avec une haute probabilité, rester au dehors du processus de socialisation signifie ne  pas avoir un travail. C’est-à-dire être un chômeur. Les chômeurs, selon Sainsaulieu sont des exclus des lieux de travail, lieux d’intégration. Le chômage, nous rappelle Lazarsfeld, est un phénomène de relégation sociale.

En ce qui concerne l’importance sociale du travail aujourd’hui, peut être intéressant lire le Chapitre III (Le travail de devenir vieux) de la Première Partie (Les mondes vécus de la question sociale) du livre de N. Murard, La morale de la question sociale. L’auteur affirme que, dans le monde contemporaine, l’idée de travail est changée et qu’elle se lie à la réalisation de soi. Il utilise les exemples de sortie du travail vécues par deux préretraites (en France et en Grande-Bretagne) pour démontrer que le travail est une partie intégrative d’une vie entière. Donc, aujourd’hui, vivre la retraite serait une expérience difficile. On pourrait bien discuter de ça, en considérant qu’il y a beaucoup de personnes avec le problème d’avoir une retraite suffisante pour vivre. On peut être d’accord avec l’indication du chômage comme problème actuel et sérieux.

En tout cas, la société, le travail, les processus de socialisation sont beaucoup changés dans les derniers années.

L’organisation du travail n’est plus la même décrite par le taylorisme (N. Albert, Sociologie du monde du travail, Chapitre I – Taylor et l’organisation scientifique du travail).

D. Martuccelli (Grammaires de l’idividu, 2002) décrit une société où la « fin de l’emprise de la notion de classe sociale » dans la construction des rapports sociaux, la crise des institutions et celle des traditions contribuent à former un processus où est forte la figure d’un individu dans un monde incertain, caractérisé par une éloquente présence des “dimensions de déconstruction”.

 

 

Angelo Tino

 

 

 

 

 

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